Question orale de M. Bernard IDE à M. Jos CHABERT, Ministre du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale, chargé des Travaux Publics, du Transport et de la Lutte contre l'Incendie et l'Aide Médicale Urgente,concernant "le vélo dans le métro".
M. le Président. - La parole est à M. Bernard Ide.
M. Bernard Ide. - Merci M. le Président. M. le Ministre, dès le 6 septembre 2002, des responsables de la STIB et de l'AED ont procédé à un test visant à évaluer la faisabilité de l'accès au métro en dehors des heures creuses et l'autorisation d'emprunter les escalators avec le vélo. On se dirigeait alors vers un assouplissement de la réglementation en dehors des heures de grande fréquentation du métro.
Dans une réponse à une question d'actualité que je vous ai posée le 15 mai 2003, vous aviez répondu notamment : « Je peux confirmer que la STIB prépare actuellement une modification de son règlement afin de faciliter le transport des vélos. » Vous ajoutiez : « Ces assouplissements font d'ailleurs suite à ma demande personnelle. » Vous disiez encore : « La STIB espère pouvoir rendre le nouveau règlement effectif dans le courant du mois de juin 2003. »
Le 5 novembre 2003, ne voyant toujours rien venir, je vous ai à nouveau posé une question orale en Commission de l'Infrastructure. Dans votre réponse, vous disiez : « J'ai demandé à la STIB d'assouplir davantage le règlement d'utilisation en élargissant la bande horaire pendant laquelle le vélo sur le métro est admis. »
Depuis lors, nous avons reçu le tout nouveau tarif de la STIB, en vigueur depuis le 1er février 2004. A la page 5, il est stipulé en ce qui concerne le transport du vélo dans le métro que « vous êtes autorisé à prendre votre vélo à bord des rames de métro, du lundi au vendredi à partir de 19 heures ainsi que les week-ends et les jours fériés pendant les heures d'exploitation du métro. Pour ce faire, vous devez être muni d'un Vélo Pass, disponible dans nos agences commerciales, et prendre connaissance du règlement d'utilisation du vélo dans le métro. » En clair : pas de changement par rapport à la situation que nous connaissons depuis de nombreuses années !
Je souhaiterais donc vous interroger à nouveau, M. le Ministre, sur les raisons qui ont poussé la STIB à ne pas donner de suite à vos injonctions et à éditer un nouveau tarif qui, visiblement, montre sa détermination à ne rien changer à la réglementation actuelle. Ceci est bien sûr déplorable, vu les implications qu'a cette politique d'inertie sur la mobilité douce et non polluante dans notre Région.
Enfin, pour en revenir à ce que mentionne le tarif, à savoir "prendre connaissance du règlement d'utilisation du vélo dans le métro", je souhaiterais savoir si ce règlement figure bien sur le site Internet de la STIB, et sous quelle rubrique. En effet, je l'ai cherché en vain.
D'avance, je vous remercie pour les réponses que vous voudrez bien m'apporter.
Cependant, j'ai envie de conclure en vous disant, M. le Ministre, qu'il y a urgence. Non pas tellement pour les cyclistes car, pour ceux-ci, cela va se faire tôt ou tard et peut-être allez-vous me dire le plus rapidement possible. Non plus pour vous, M. le Ministre, puisque vous êtes inoxydable. Mais il y a urgence pour moi. En effet, je vous interroge au moins pour la dixième fois à propos de la tarification pour les vélos à la STIB. Mais en ce qui me concerne, c'est peut-être la dernière fois que j'ai l'occasion de vous interpeller. J'espère dès lors que, vu l'urgence, vous allez enfin nous donner des nouvelles apaisantes. Je vous écoute, M. le Ministre.
M. le Président. - Merci M. Ide. La parole est à M. le Ministre.
M. Jos Chabert, Ministre.- Je peux communiquer à l'honorable membre que la STIB a élaboré fin de l'année dernière un projet de nouveau règlement. Vous en avez donc la primeur. Il s'agit d'un nouveau règlement relatif à l'autorisation d'emporter un vélo dans le métro.
Ce projet de nouveau règlement répondait à la plupart des demandes des associations représentatives des cyclistes, que j'ai par ailleurs rencontrées à maintes reprises.
Ainsi, l'accès des vélos au métro serait désormais autorisé en tout temps, ce qui est une grande nouveauté, sauf pendant les heures de pointe (de 7 à 9 heures et de 16 à 18h30 les jours ouvrables). Les cyclistes sont par ailleurs d'accord avec ce point tout à fait équitable. Actuellement, c'est uniquement autorisé en soirée et pendant les week-ends. Telle est donc la situation jusqu'à aujourd'hui.
Les cyclistes seraient dorénavant autorisés à emprunter les escalators et ascenseurs avec leur vélo. Le Vélo Pass actuel serait remplacé par un règlement tarifaire plus souple pour le transport d'un vélo. L'obligation de signer pour prise de connaissance du règlement serait supprimée.
Ce projet de règlement a été adopté par le comité de gestion de la STIB en date du 18 novembre 2003 et la STIB envisageait de l'appliquer dès le 1er février 2004. Cependant, lors de l'examen de la proposition de grille tarifaire de la STIB pour 2004, le Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale a posé des questions quant à la tarification du transport de vélos dans le métro.
Le Gouvernement m'a ensuite chargé d'organiser une concertation avec les représentants du milieu cycliste. Celle-ci a eu lieu. Cette concertation a débouché sur un protocole d'accord entre la Région, la STIB et les associations représentatives des cyclistes.
Enfin, ledit protocole d'accord a été approuvé hier par les organes de gestion et la proposition tarifaire relative au transport du vélo sera communiquée dans la foulée au Gouvernement pour approbation. J'espère dès lors être en mesure de mettre le nouveau règlement en application en mai 2004.
A cette occasion, la communication et la signalétique de la STIB à l'intention des cyclistes seront également réexaminées. Le nouveau règlement fera l'objet d'une large publication, notamment sur le site Internet de la STIB.
M. le Président. - Merci M. le Ministre. La parole est à M. Ide.
M. Bernard Ide. - Vous m'avez déjà fait plusieurs promesses, M. le Ministre. A chaque fois, vous disiez que cela allait se faire. Il semblerait à présent que ce soit concret. C'est retardé mais de peu. Vous avez évoqué le 1er mai.
Cependant, vous n'avez rien dit sur le contenu de cet accord. Je voudrais vous poser une question, non pas sur l'ensemble du contenu, car nous aurons l'occasion de nous revoir très rapidement, en voyant notamment le compte rendu de ce que vous allez proposer au Conseil des Ministres jeudi.
Je voudrais savoir si les cyclistes vont devoir continuer à payer pour pouvoir transporter leur vélo. Ceci est vraiment le problème majeur. Il est naturel qu'on élargisse les plages horaires, mais il reste la question du Vélo Pass. Il s'agit bien sûr d'un montant symbolique, quelques centimes par jour. Cependant, le fait de devoir payer une redevance pour pouvoir transporter son vélo est de nature à dissuader les cyclistes.
De plus, cela ne va pas dans le sens de notre souci de les inviter à utiliser le vélo dans le métro et ce, surtout pour les utilisateurs occasionnels. Ceux-ci seront notamment dissuadés puisque, pour l'utilisation de leur vélo dans le métro une ou deux fois seulement, ils ne vont pas faire la démarche d'obtenir un Velo Pass. Dès lors, ces personnes vont échapper à la possibilité qui leur est offerte de transporter leur vélo dans le métro. Ma question est donc la suivante : le Vélo Pass est-il maintenu ? Si oui, pourquoi?
M. Jos Chabert, Ministre. - J'ai deux réponses. Premièrement, les organisations cyclistes ont accepté la grille tarifaire, l'abonnement annuel s'élevant à 15 euros. 15 euros pour 365 jours, à l'exception des heures de pointe.
Deuxièmement, j'en arrive au cas où ils ne veulent pas payer les 15 euros par an, ce qui n'est pas un montant exorbitant. Nous avons fait l'effort de descendre à 15 euros.
M. Bernard Ide. - Descendre ? C'était moins cher avant.
M. Jos Chabert, Ministre. - Mais alors, ils ne pouvaient pas voyager tout le temps. Aujourd'hui, la différence est grande. On peut continuer à discuter encore et encore. Manifestement, les organisations cyclistes ne vous intéressent pas. Pour notre part, nous avons négocié avec elles.
M. Bernard Ide. - Il ne faut pas dire que ça ne m'intéresse pas.
M. Jos Chabert, Ministre. - Vous n'approuvez pas l'accord que nous avons passé avec les cyclistes de Bruxelles. Il y a toujours quelqu'un pour dire qu'il faut donner davantage. Cependant, ils peuvent également prendre un ticket individuel ou une carte d'abonnement de 10 voyages et transporter leur vélo sans payer de supplément.
M. Bernard Ide. - Je n'ai pas bien compris ce que vous venez de dire à l'instant. S'ils prennent une carte d'abonnement de 10 voyages, ils ne doivent pas s'acquitter d'une redevance pour le transport du vélo. C'est exact ?
M. Jos Chabert, Ministre. - Mais ils doivent payer pour eux-mêmes.
M. Bernard Ide. - Pour eux-mêmes, mais pas pour le vélo ?
M. Jos Chabert, Ministre. - Et pour le vélo.
M. Bernard Ide. - Pour le vélo aussi. Il n'y a donc pas de progrès.
M. Jos Chabert, Ministre. - A un certain moment, trop, c'est trop. Vous savez très bien ce que coûte la gratuité au contribuable bruxellois. Si un cycliste ne veut pas payer 600 francs, soit 2 francs par jour, pour transporter son vélo toute la semaine et tous les week-ends pendant 365 jours par an, alors qu'auparavant il devait payer par voyage, j'en appelle à la raison. Il ne faut pas vouloir le dernier carat.
M. Bernard Ide. - M. le Ministre, vous m'avez déjà dit dans la discussion budgétaire que cela ne rapporte presque rien à la STIB. A partir du moment où cela ne rapporte quasiment rien, l'enjeu n'est pas financier. L'enjeu, c'est que moins de cyclistes vont pouvoir utiliser le métro. Pourquoi ne feriez-vous pas cette fleur au milieu cycliste, puisque l'enjeu n'est pas budgétaire ? Simplement les encourager très fortement en leur annonçant qu'ils peuvent utiliser leur vélo dans le métro gratuitement. Vous pouvez encore changer d'avis d'ici jeudi.
M. Jos Chabert, Ministre. - Vous ne m'avez jamais interpellé auparavant.
M. Bernard Ide. - Mais si.
M. Jos Chabert, Ministre. - Quand ils payaient 50 francs par an?
M. Bernard Ide. - Mais si, je vous ai interpellé également à ce propos à dix reprises.
M. Jos Chabert, Ministre. - Et vous n'étiez pas encore content. Vous disiez alors que 50 francs c'était trop.
M. Bernard Ide. - Non, ce n'est pas trop. C'est la démarche qui est pénible.
M. Jos Chabert, Ministre. - Ma démarche est différente. On peut constater que les métros sont combles. J'estime dès lors que quelqu'un qui arrive avec un vélo et occupe donc une place supplémentaire peut payer deux francs par jour.
M. Bernard Ide. - Mais justement, ils ne peuvent pas. Quand le métro est comble, ils ne peuvent pas monter.
M. Jos Chabert, Ministre. - J'ai évolué dans votre direction à 90 %. Vous voudriez 100 % mais je ne peux pas vous l'accorder. Vous demanderiez alors de pouvoir également transporter le vélo pendant les heures de pointe.
M. Bernard Ide. - Non, je ne demande pas ça. J'ai fait une expérience malheureuse ce midi encore et je peux vous assurer que je ne demanderais jamais le transport du vélo aux heures de pointe.
M. Jos Chabert, Ministre. - Il faut raison garder.
M. Bernard Ide. - Il s'agit d'une tracasserie inutile qui ne rapporte rien à la STIB.
M. Jos Chabert, Ministre. - Mais ils sont tous d'accord. Avez-vous parlé avec eux ?
M. Bernard Ide. - Non mais je peux vous assurer qu'ils ne sont pas tous d'accord dans les milieux cyclistes. Si vous lisez le newsgroup de NoMo, vous verrez qu'on a rué dans les brancards par rapport à ce projet.
M. le Président. - Il est vrai qu'en matière de transport en commun, le fait de faire circuler tout à coup, partout et ailleurs, que la gratuité est possible donne des idées à tous. Bien que je sois tenu à une certaine neutralité, la gratuité est pour moi un non-sens.
M. Benoît Cerexhe. - Vous voulez recommencer le débat ?
- L'incident est clos .
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